La Ville de Valenciennes vient d’être classée 5ème centre-ville le plus dynamique de France par l’association Villes de France et Mytraffic (leader européen de l’analyse de flux piéton).

Ce classement recense les 30 villes de taille intermédiaire qui comptabilisent la plus forte fréquentation, dans leur centre-ville, depuis le début de la crise sanitaire.

Les villes distinguées se démarquent par leur résistance face à la crise sanitaire. Elles ont affiché entre mars 2020 et janvier 2021 un flux moyen équivalent à 76 % de leur niveau pré-Covid (mesuré en janvier-février 2020), malgré deux confinements, un couvre-feu et des fermetures de restaurants et sites culturels.
 

5 critères ont été étudiés pour établir ce classement :

  • la reconcentration des activités avec une lutte contre les logements vacants et le maintien des services publics. 
  • des centres rendus accessibles en transports en commun, avec des parkings relais et des secteurs piétons. 
  • la rénovation du patrimoine historique joue aussi son rôle 
  • enfin, la quasi-totalité des villes de ce classement ont engagé un manager de centre-ville pour favoriser les liens entre commerçants, habitants et municipalité.


5 facteurs-clés de la réussite des centres-villes

Facteur 1 – Reconcentrassion des activités.

Les villes moyennes ont subi des forces centrifuges depuis les années 70 avec souvent un déclin du centre au profit de la périphérie - extension de zones commerciales, zones pavillonnaires, zones d’activité profitant d’un foncier moins cher. Les villes les plus fréquentées ont su inverser le mouvement en opérant le triple choix de (1) lutter contre la vacance des logements en centre-ville pour préserver une densité d’habitation (2) y maintenir ou ouvrir des services et équipements publics (3) équilibrer leur politique commerciale en limitant voire interdisant des installations commerciales en périphérie et/ou en attirant des commerces « locomotives » en centres-villes (cinémas, enseignes internationales).
Derrière ces choix, une logique d’ensemble : concentrer les activités pour créer une masse critique susceptible d’attirer les flux.


Facteur 2 – Équilibre entre accessibilité et pacification du centre-ville.

Les villes les plus dynamiques sont celles qui facilitent à la fois l’accès et le stationnement en voiture – création de parkings, tarification incitant à la rotation des véhicules – tout en développant des zones piétonnes ou des « zones 20 km/h » avec des mobilités mixtes (piétons, vélos, voitures à vitesse limitée). Les expériences de piétonnisation de places ou d’artères commerçantes se sont quasisystématiquement soldées par un accroissement du trafic piéton. Partout, les espaces publics ont gagné de la place avec un élargissement des trottoirs, l’extension des terrasses ou la création de voies vélos, une tendance qui s’est accélérée depuis le déconfinement du printemps 2020.


Facteur 3 – Rénovation du patrimoine historique.

Les villes les plus fréquentées ont fait le choix structurel, parfois depuis 20 ans, de procéder à des investissements pour réhabiliter voire acquérir des sites remarquables, qui constituent un avantage comparatif des centres-villes vis à vis de la périphérie. Ils en retirent trois effets positifs : un accroissement du flux touristique, un embellissement de l’espace et un effet d’entraînement pour le quartier. Les villes les plus dynamiques ont également en commun d’avoir lancé ou relancé des événements ou festivals mettant en avant les spécificités de leur culture et patrimoine vivant.

Facteur 4 – Management volontariste.

La quasi-totalité des villes du top 30 ont nommé un « manager de centre-ville » (ou poste équivalent) et affecté des ressources humaines dédiées au coeur de ville. Il en résulte une nouvelle forme d’organisation plus transversale et plus collaborative entre les différents services. De nombreuses villes ont également créé une foncière publique pour racheter des cellules commerciales dans le but de les rénover et les louer à prix attractif. La quasi-intégralité des villes du top-30 sont accompagnées par le programme national « Action Coeur de Ville » porté par l’ANCT (Agence Nationale pour la Cohésion des Territoires).

Facteur 5 – Un tissu de commerçants proactifs.

Les villes du top-30 se caractérisent aussi par le dynamisme des acteurs de centre-ville, au premier chef les associations de commerçants, attestées par des indicateurs comme le taux d’adhésion et la fréquence des animations organisées. Un dialogue étroit entre les acteurs privés et les responsables publics est un facteur clé de succès.
 

Les clés du dynamisme selon Laurent Degallaix, Maire de Valenciennes

1. Attirer les locomotives

Grâce au dispositif Action Cœur de ville, la ville a pu acheter des locaux commerciaux, les rénover, puis les remettre sur le marché avec des loyers attractifs. «Le plus difficile, c’est de faire venir les premiers. Il faut leur proposer des emplacements premium.». 

Depuis trois mois, une quinzaine de commerces se sont installés dans le centre-ville malgré la crise sanitaire, dont certaines grandes enseignes: Pïtaya, Flying Tiger mais aussi des commerces de destination, comme la pâtisserie Le Merveilleux de Fred. «Ce sont des aspirateurs à clients, qui viennent stopper l’hémorragie Lilloise et convainquent les habitants de rester dans le centre» 

2. Accélérer les démarches des commerçants

Pour convaincre les commerçants de s’implanter à Valenciennes, deux élus sont dédiés au sujet et la ville a mis en place une «cellule réponse rapide» avec un manager de centre-ville. Un guichet unique, en lien permanent avec le service des fêtes et des animations, accélère les démarches des porteurs de projets et vise à réduire les
contraintes administratives auquel ils sont soumis.

« On revient de loin, mais grâce aux dispositifs nationaux, on a pu enclencher un cercle vertueux. À la fin mai, on disposera de quelque chose d’unique en France : un linéaire de 500m sans commerce vacant »
Laurent Degallaix, 
Maire de Valenciennes

3. Coordonner

Le Maire met en avant la coordination permanente avec l’Union du Commerce et la Fédération du Commerce, ainsi que des dispositifs d’animations intégrés.